La poursuite de la réduction de ma dépendance numérique
Par Arnaud Ouvrier, publié le 23/11/2025
En juillet 2024, j'écrivais sur mon abandon progressif des monopoles¹. Dans cet article, je parlais principalement de réduire ma dépendance aux GAFAM, mais aussi plus généralement de réduire ma dépendance numérique.
Plus d'un an après, je fais le bilan d'où j'en suis.
Réseaux sociaux
C'est la catégorie où j'ai maintenant le moins de dépendance. Je ne suis plus sur aucun réseau social. Je n'ai pas forcément encore supprimé mes comptes, mais ils sont tous au moins désactivés.
Pour LinkedIn, je disais que c'était utile pour avoir de la visibilité dans mon secteur de travail : avoir désactivé mon compte ne m'a pas empêché de trouver un nouveau poste. C'est une illusion que ces réseaux nous font croire, mais en principe cela sert uniquement à nous détourner d'autres moyens d'être visibles.
Communication
C'est là où j'ai fais le moins de changements. J'utilise en priorité le SMS ou Signal pour communiquer avec les personnes que je connais, mais je suis toujours dépendant de Messenger où se trouvent la majorité de mes amis et de WhatsApp pour mes activités plutôt associatives.
Seule mon utilisation de Snapchat a bougée : je viens de supprimer l'application pendant l'écriture de cet article.
Divertissement
Là aussi, beaucoup de changements. Je vais reprendre, source par sources, ce qui a changé :
Netflix
J'ai arrêté mon abonnement. Ma famille et moi n'utilisions quasiment plus la plateforme. Principalement à cause de la fatigue induite par la disponibilité constante de nouveaux contenus et la baisse de leur qualité au fil du temps. J'utilise donc maintenant uniquement un serveur Plex.
YouTube
C'est toujours une plateforme à laquelle je dédie beaucoup de temps d'écran. J'ai par contre réduis au strict minimum les chaînes auxquelles je suis abonné. Je suis passé de plusieurs nouvelles vidéos disponibles par jour dans mes abonnements à quelques vidéos par semaines.
J'ai aussi installé l'extension "Unhook"² dans mon navigateur pour masquer toutes suggestions de vidéos et les shorts YouTube. Je ne regarde YouTube que depuis mon ordinateur (je l'ai supprimé de mon smartphone).
J'ai ainsi réduis par 10 environ mon temps sur cette plateforme.
Spotify
Je disais que j'aurais du mal à m'en défaire : je m'en suis défait. Mes sources de musique sont maintenant les concerts (principalement au Brise Glace³, salle de concert gérée par une association à Annecy), les vinyles que j'achète principalement directement aux groupes que je vois en concert, Bandcamp pour la musique au format numérique et les CD pour la musique que j'achète d'occasion.
J'écoute la musique numérique et les CD (que je numérise) depuis mon vieil iPod qui fonctionne toujours très bien.
Bureautique et informatique
Pas de grands changements par rapport à mon article précédent. J'utilise toujours Debian comme système d'exploitation sur tous mes PC. J'ai toujours un PC avec en plus, Windows installé pour les jeux vidéo.
Par contre, j'ai migré tous mes projets de programmation de GitHub à SourceHut⁴. C'est une entreprise privée, mais elle est loin d'avoir l'envergure de Microsoft (GitHub leur appartenant). La plateforme est aussi complètement open source et leurs valeurs sont plus proches des miennes.
Et côté DNS (là c'est vraiment technique xD), je suis passé à Quad9. DNS0 a cessé son service et FDN ne le propose plus qu'à leurs abonnés internet.
Utilisation de mon smartphone
J'ai commencé par rajouter des limites de temps sur les applications de mon smartphone. Je l'ai aussi passé en noir et blanc, sauf pour les applications qui nécessitent vraiment de la couleur (galerie photo par exemple).
J'ai aussi remplacé le lanceur d'application par défaut par un lanceur minimaliste⁵ : pas d’icônes, uniquement une liste de nom d'applications. Les icônes aussi sont des distractions...
Ces changements m'ont permis de passer de plus de deux heures par jour sur mon téléphone à moins de 30 minutes.
Conclusion
En essayant d'analyser mon usage des plateformes numériques, je me suis rendu compte de plusieurs choses :
Premièrement, nous pouvons toujours justifier l'usage des plateformes numériques par une raison à première vue valable. Par exemple, que nous regardons YouTube pour apprendre de nouvelles choses. Avec du recul, on se rend vite compte que les heures passées à "apprendre" sur YouTube n'ont pas servi à grand-chose : de combien de nouvelles choses nous souvenons-nous, quelques heures ou quelques jours après les avoir vues en vidéo ?
Deuxièmement, en utilisant ces plateformes, nous avons vite tendance à le faire pendant que nous faisons autre chose : de la musique en fond de lecture, une vidéo YouTube en fond de travail, etc. Malheureusement, je me suis aperçu en réduisant mon usage du numérique, que ça induit plus de fatigue qu'autre chose. Nous ne pouvons pas nous concentrer sur deux tâches en même temps et cela occupe notre cerveau même pendant ses temps morts. Il ne se repose donc jamais.
En réduisant mon usage des plateformes numériques, j'ai diminué mon impression de fatigue et de "burn-out" permanent. J'ai aussi l'impression d'avoir retrouvé un peu de créativité et surtout, de la motivation. Je me sens aussi beaucoup plus en accord avec mes valeurs, surtout avec l'utilisation quasiment systématique d'alternatives libres aux logiciels des monopoles du numérique.
Si je fais une mise à jour à cet article un jour, peut-être que j'y expliquerais comment vivre dans une grotte sans électricité... xP
Liens
¹: Mon abandon progressif des monopoles
²: Extension Unhook pour réduire les distractions sur YouTube
³: Le Brise Glace, scène de musiques actuelles à Annecy
⁵: Olauncher, lanceur d'application minimaliste pour Android